Récit de voyage en Californie, Nevada, Utah, Arizona en 23 jours en été 2019

Guide de voyage Ouest américain > Divers Usa > Publier votre récit voyage > Récit de voyage en Californie, Nevada, Utah, Arizona en 23 jours en été 2019

1er jour : Paris-Oakdale

Après une courte nuit, car bien dur de s’endormir à la veille d’un pareil voyage, le réveil sonne à 6h. Une heure plus tard un Uber vient nous prendre, direction l’aéroport. Le vol est à 10h30, on arrive donc à CDG 2h30 en avance, mais on a bien fait car le temps d’enregistrer ses bagages et de passer la sécurité, on n’a même pas le temps de prendre un café !

On embarque à l’heure dans notre A380, un beau mastodonte !

11h de vol qui se passent bien, et on arrive à San Francisco à peu près à l’heure, vers 13h30 heure locale. Une bonne demi-heure pour sortir de l’avion, et là où j’avais prévu une heure de temps pour passer la douane, on se prépare à en passer plus du double, presque le triple !

Bref entre la douane et le loueur, on sort de l’aéroport après 17h ! Et on sort donc… dans les bouchons !

En passant, on a loué un ford escape et on a été surclassé en jeep compass, un vrai 4x4. Ce sera utile à Monument Valley.

Ca roule quand même mais on met un peu de temps à sortir de San Francisco…. J’avais prévu un stop sur la route (car j’avais repéré un walmart à Manteca) pour acheter une glacière. Au passage, prenez-en une bien grande, elles sont peu chères (16$) et ça vous sera utile tout du long (on trouve de le la glace dans presque tous les hotels, ou dans les stations services).

Du coup on sort à Manteca, j’en profite pour acheter de quoi mangeouiller dans la voiture (fromage, jambon, chips), et quand on veut reprendre notre route pour Oakdale, travaux sur la bretelle de ré-entrée ! Obligé de faire un détour pour trouver une nouvelle bretelle, sans GPS, sans carte autre que les feuilles google maps imprimées et avec la fatigue et le crépuscule qui arrive ! Mais bon, ça s’est bien passé car les routes aux USA sont assez simplement imaginées et intuitives.

On arrive donc à notre hotel à Oakdale : le Best Western Plus Rama Inn. Best Western, c’est du moyenne gamme + et RAS. On s’écroule direct (quasi 22h ici et donc 7h à Paris….).

2ème jour : Oakdale-Yosemite Valley

Après une nuit bien hachée, réveil assez tôt vers 6h. Petit-dej à l’hotel plutôt sympa, puis courses au Kmart voisin (divers), puis au Railey (alimentation), et enfin un peu de piscine. On décolle vers midi après avoir un peu pris son temps.

Yosemite Valley

On arrive en milieu d’après midi dans Yosemite Valley, et c’est superbe. Cette vallée glacière est majestueuse, c’est tellement différent de ce qu’on a en Europe avec les Alpes ou les Pyrénées. Avec les cascades, encore bien garnies en ce début juillet, le vert de la végétation, le gris bleuté des falaises et le bleu profond du ciel, c’est un premier émerveillement. C’est grandiose.

Je pense que des scènes de Maverick (avec le joueur de poker Mel Gibson) ont été tournée ici, lorsque Maverick dit à son pote indien « C’est beau ici… Vous choisissez toujours les meilleurs endroits… ». Il avait bien raison, Burt (enfin Brett, pour ceux qui suivent !)

Yosemite Valley

Quelques arrêts divers, une petite promenade, puis on gagne notre hotel : le Yosemite Valley Lodge. C’est diablement cher (250$ la nuit !), un peu juste niveau confort pour le prix, mais l’emplacement est parfait. En pleine vallée !

Il est déjà tard et comme on veut se lever tôt, on dîne dans notre chambre ce qu’on a.

3ème jour : Yosemite Valley

Réveil matinal et départ à 7h pour le Glacier point, le plus bel «overlook» du coin semble-t-il. Une heure de route plus tard, on y arrive.

Vu d’en bas, c’était déjà grandiose, mais vu de haut, ça l’est encore plus. Voilà : grandiose, majestueux, je ne vois pas comment mieux qualifier l’endroit. On n’est pas très nombreux à cette heure et c’est bien sympa.

On opte pour une rando double de 10 km : Taft point et Sentinel dome. Un long parcours dans la forêt avec des passages réguliers en bord de montagnes pour des points de vue. Malgré l’altitude, il fait rapidement chaud et on se félicite d’avoir emmené 5 litres d’eau. Au passage, un bon conseil, ayez toujours beaucoup d’eau fraiche dans votre glacière king size (nous on en avait tous les matins environ 12 litres), et quand vous partez marcher, ne lésinez pas sur la quantité, ce n’est pas si lourd et ça part vite de toute façon !

Lorsqu’on revient au Glacier point, les touristes sont arrivés et il y a même la queue pour le parking. Il fait très chaud, on se prend une glace et on la déguste les yeux dans les yeux avec le Half Dome… Comment disais-je déjà ? Ah oui… grandiose.

Half Dome
Half Dome

On redescend (il faut bien, hein), il est déjà dans les 15h. J’avais repéré le Majestic hotel, qui date des années 20. Hors de prix pour y séjourner bien sur, mais on est allé le voir et y boire un verre. Très belle atmosphère, on imaginerait bien Jack Nicholson y taper un nouveau roman…

Puis quelques course au general store (de tout, alimentation et bibelots/vêtements), et cette fois-ci on veux se faire une vraie bouffe : il y a un burger juste derrière le store et…. c’était dégueulasse. Le seul burger vraiment dégueu de tout notre voyage !

4ème jour : Yosemite Valley-Bodie-Bridgeport

Après deux nuits dans la vallée, on quitte Yosemite, déjà… Mais on va la quitter en beauté en parcourant la Tioga road, superbe route qui part vers l’Est. On y voit des biches, des cerfs, des forêts verdoyantes, de beaux paysages, des prairies vertes, des restes de neige…. Et on s’arrête pour manger sur les rives du Tenaya lake, superbe lui aussi.

Tioga road
Tioga road

Enfin, on quitte pour de bon le parc, et on arrive à Lee Vining et au Mono lake (qu’on ne «visite» pas manque de temps). Hop, on tourne au nord, direction Bodie, la ville fantôme.

Le state park apparait après une route de quelques miles non bitumée. C’est un plateau aride, et des dizaines de bâtiments d’un marron terre de sienne se dressent encore fièrement, ça et là. Tout de suite, on est plongé dans l’ambiance.

Bodie

On déambule entre les maisons, église, école, banque, etc. en regardant parfois à travers les vitres, parfois même en entrant à l’intérieur. Il y a quelque chose de touchant dans cet endroit. On a à la fois l’impression d’être dans le présent, dans le passé, et dans un film.

Bodie
Bodie
Bodie

On quitte ce parc pas comme les autres, et on gagne Bridgeport, notre ville étape. Le Silver Maple Inn est correct, mais c’est moins cosy que sur les photos. On dine au Rhino (déco et ambiance West garantie), et là on mange de super bons bacon cheeseburgers, après avoir mis sur le juke box les Beach Boys ! God bless America !

5ème jour : Bridgeport-Death Valley-Las Vegas

Pour notre fête nationale, on se lance dans un long périple : Bridgeport - Las Vegas, 400 miles dans le désert ! On a deux choix : la route un peu plus courte ou celle qui traverse Death Valley, où on annonce un bon 45°. On n’a qu’une vie, on va à la vallée de la mort !

Death Valley

Irréel. C’est l’adjectif qui qualifie le mieux l’endroit. C’est la désolation absolue, mais dans la beauté. Il fait plus chaud que prévu, on arrive à Stovepipe Wells et il fait déjà 47/48. On s’arrête pour manger, il y a un resto/saloon climatisé en plein parc ! Et on y mange bien en plus !

En reprenant la voiture, je croise les doigts pour qu’elle redémarre… ce qu’elle fait sans broncher. Direction Badwater et ses -86m d’altitude.

Death Valley

-86, +124, +51, 7. Ce sont les chiffres de Badwater. -86m d’altitude, 124°F, 51°C, 7 minutes dehors. C’est d’une beauté chaude et froide à la fois, avec ce blanc du sel… Ce vent chaud comme un sèche-cheveux géant braqué sur toi. On n’a pas vraiment le temps d’en profiter, on remonte dans la voiture climatisée assez rapidement.

Death Valley

Quelques minutes de route plus tard et on atteint Zabriskie point. Il fait moins chaud ici (peut-être 47/48), ça fait presque du bien ! Et c’est d’une beauté absolue. Ne vous fiez pas aux photos, elles ne rendent pas. Ce drap de velours plié à l’infini, ces couleurs jaunes, blanc, orangé… c’est d’une beauté crue et sauvage.

C’est ainsi qu’on quitte la Death Valley, une bien curieuse étape, vraiment différente de toutes les autres. Encore un peu de route et on retrouve la civilisation et pas n’importe laquelle : celle des fous qui ont bâti Las Vegas.

Il est tard lorsqu’on arrive au Hilton (tard dans l’ouest c’est 19h-20h). Bel hotel sur le strip, mais un peu excentré. On a une suite un peu luxueuse pour 150$/nuit. Jacuzzi dans la chambre. Ni une ni deux, fiston et moi on fait couler l’eau. On dinera dans la chambre en regardant USA has great talent !

C’est un 14 juillet qu’on n’oubliera pas.

6ème jour : Las Vegas

Journée Vegas : au programme, visite des grands casinos du strip, puis le soir on compte monter sur la stratosphère et aller jouer à Downtown. On fera presque tout !

Las Vegas

Autant être clair, Vegas est une ville de fous pour les fous. C’est le désert partout, mais ici, non, on a des palmiers, des fontaines, des piscines, des dizaines de milliers de chambres, des milliers de machines à sous, des pyramides, de tour Eiffel, des Colisées…. Mais c’est vachement bien !

On visite le Caesar palace, le Venice, la Paris, le NY, le Bellagio… le temps tourne… On veut aussi faire de la piscine, on retourne au Hilton vers 17h00…

Las Vegas

Puis on sort pour la soirée (on a mangé un peu sur le pouce dans la journée, on se dit on se fait la stratosphère rapidos et pffuit direction Downtown, on mangera là-bas). Sauf que monter en haut de la tour, ça prend du temps !

La vue d’en haut est sympa, mais on ne voit pas le strip comme on l’espérait. Donc bien, mais sans plus. En revanche, voir les manèges en haut et les têtes des (malades mentaux) euh des gens dedans, c’est juste hallucinant !

Las Vegas

On sort à 22h et, déjà bien crevés – on n’a pas encore récupéré des nuits pourries et du jetlag – on se dit la mort dans l’âme qu’on ne va voir le downtown qu’en jeep…. On y va, et les lumières sont tellement sympas qu’on se dit «Fuck, on s’arrête quand même !». On ne restera pas longtemps sur la Fremont street, juste le temps de faire l’aller-retour, pas le temps de perdre nos sous donc, mais grosse ambiance et moins familiale toute propre que sur le strip. Endroit à faire jeune et avec des potes !

7ème jour : Las Vegas-Bryce

Ce matin, direction l’outlet nord de Vegas. Moi qui suis d’habitude hermétique au shopping, je me prends au jeu : les magasins sont sympas, assez déserts de si bon matin, et les prix défient toute concurrence ! Un conseil : n’achetez pas de fringues dans l’année qui précède votre voyage, et partez avec de la place dans votre valise !

A midi, départ pour le nord. Sur la route, peu avant d’arriver dans l’Utah, on voit la température monter sur notre ordinateur de bord…. On atteint 134°F (56°C) !!! Dingue…

Bryce Canyon

On rate Grafton ghost town (bon sang, où était-elle ?), et on arrive à Zion. C’est déjà le milieu d’après-midi, et si on ne veut pas arriver de nuit à Bryce (avec 1h de perdu à cause du fuseau horaire), on doit zapper Zion… On prend tout de même la route 9 qui part vers l’Est, elle est magnifique… Ce sera le premier (seul) regret du voyage, ne pas être entré dans le canyon…

Après Hatch, on bifurque sur la 12 et on entre dans Red Canyon, jolie route. Et on arrive à Bryce canyon city, au Ruby’s Inn. C’est une grosse machine bien huilée, notre chambre donne sur le lac et elle est (comme toujours) bien.

8ème jour : Bryce

Aucune photo de l’amphithéâtre ne rendra jamais justice au lieu. La stéréoscopie (la 3D) de la vision humaine sur place donne toute sa richesse à cette forêt de hoodoos, complètement magique. Je pense que c’est simplement le plus beau lieu qu’il m’ait été donné de voir. Et de se dire que c’est la nature qui a forgé cela, c’est presque difficilement croyable.

Bryce Canyon

On a fait le trail combiné queen garden et navajo loop, que je conseille fortement. Voir l’amphithéâtre de l’intérieur permet d’en saisir les facettes.

Le reste du park m’a presque déçu. On l’a fait, mais après cette beauté ultime, tout parait presque fade…

Bryce Canyon
Bryce Canyon

Le soir, on est allés au rodéo du motel, plutôt sympathique. Bon, si vous avez déjà fait de «vrais» rodéos à Cody ou autres, vous serez peut-être déçu, ici c’est su simple et bon enfant. Mais bon souvenir tout de même.

9ème jour : Bryce-Capitol Reef

Bryce - Torrey, 120 miles de la très réputés road 12. Alors oui, elle est superbe, mais je la trouve un peu surestimée quand même. M’enfin, je chipote, j’avoue.

On a choisi le Capitol Reef Resort pour sa piscine. Allongé sur son transat face à ces falaises rouges, la classe absolue. On est partis tôt de Bryce pour arriver tôt et profiter de la piscine…. Elle était fermée pour défaut de filtrage… Bien déçus… On s’est reporté sur le jacuzzi. Il y en a toujours un à côté de la piscine, et il est à 38°C je dirais à chaque fois ! Un peu dur, mais sympa quand même.

Tiens, déjà une semaine de passé… Quand je pense à tout ce qu’on a déjà vu et fait…

10ème jour : Capitol Reef

Capitol Reef est un parc souvent délaissé. C’est vrai qu’il n’y a rien de vraiment spectaculaire, pas de canyon géant, d’amphithéâtre, d’arches (quoiqu’il y en a une). Mais j’ai adoré ce parc. C’est sauvage, c’est désert en touristes, les couleurs sont éclatantes. Ici, la beauté n’est pas concentrée sur certains lieux précis, elle est disséminée partout. On a fait 3 randos (Cohab, Hickman bridge et capitol gorge), dans deux d’entre-elles on était quasi seuls.

Capitol Reef
Capitol Reef
Capitol Reef

Et cet après-midi, la piscine était ouverte, on en a profité ! Le soir, diner au Rim rock voisin que je recommande.

11ème jour Capitol Reef-Gobelin-Moab

On quitte Capitol reef, direction Moab. Pause déjeuner au petit state park de goblin. C’est une halte étonnante et très sympa, déambuler parmi ces champignons gobelins est original, cela ne ressemble à rien d’autre.

Gobelin Valley

Moab est une ville assez touristique, après l’apathique Torrey, retrouver un peu de vie est plutôt sympa. On passera 3 soirs ici, avec diners chez Zax (sympa), Wendy’s (chaine fast food de qualité), et Broken Oar (pas mal mais un peu cher). On dort au MainStay, bon hotel comme souvent.

12ème jour : Arches National Park

Journée entière consacrée à Arches. Ici il y a pas mal de monde, ce n’est pas la cohue mais après Capitol Reef et Goblin, ça surprend presque ! Plusieurs randos à l’ordre du jour d’abord la windows section, avec la double arche et toutes ses copines (très sympa), puis la delicate upper overlook (un poil décevant, l’arche est vraiment lointaine), enfin tout au fond de la scenic, landscape et partition arches. Cette dernière rando est la plus sympa : moins de monde, des passages un peu roots sur des rochers, et partition qui est magnifique. J’ai dû laisser Junior en chemin car justement, un passage peu avant d’arriver à partition est sans doute trop dangereux pour un enfant de 9 ans.

Arches National Park
Arches National Park
Arches National Park

On avait aussi prévu de faire Park avenue, qu’on s’était laissé pour la fin de journée, mais comme Junior était fatigué, on a laissé tomber, ce que je regrette car le canyon est superbe. Vraiment, à ne pas manquer.

13ème jour : Dead Horse Point-Canyonlands

Au menu du jour Dead horse point et Canyonlands. Deux grosses claques.

Dead Horse point overlook est vraiment impressionnant. On embrasse tout ce paysage d’un regard circulaire, c’est un peu comme si on se trouvait sur Mars. A ne pas manquer.

Dead Horse Point

Puis à Canyonlands, on a fait Grand View overlook, White rim overlook, Buck canyon overlook, Green river overlook, enfin Upheaval Dome. Peu de marche en tout, mais des points de vue à couper le souffle, encore et encore. Un must, encore (ce voyage est une suite sans fin de musts, ça en devient presque indécent…)

Canyonlands
Canyonlands

Enfin, notre dernière halte a été pour Mesa Arch, petite rando sympa et courte, arche à travers laquelle on a un super panorama. Très bonne manière de terminer cette journée et ce coin de Moab.

Canyonlands

14ème jour : Moab-Monument Valley

Bye bye Moab, on part chez les Indiens. On hésite entre faire Valley of the Gods ou pas. Le nom me fascine, mais faire un «petit Monument Valley» avant Monument Valley me laisse perplexe : et si par la suite Monument Valley m’impressionnait moins ?

On décide de laisser Valley of Gods aux dieux et de faire une halte à Goosenecks. On y déjeune, l’endroit est sympa. On devient exigeant, semble-t-il, parce que lors d’un voyage ordinaire, ce serait peut-être le clou du spectacle, alors qu’ici c’est « mouais, pas mal ».

On a loué une cabin au View, à l’intérieur de parc. Partout on nous l’a conseillé, le coucher de soleil étant MAGIQUE.

Monument Valley

Bon, sans surprise, Monument Valley est un must, une fois encore. Pour qui a grandi avec Eddy Mitchell et John Wayne, se retrouver ici est particulièrement émouvant. C’est un lieu à la fois connu et nouveau, en même temps que le décor de films qu’on a vus et revus, que le lieu d’histoires familières, un peu comme si on se retrouvait au Pays Imaginaire de Peter Pan. Et puis simplement, esthétiquement parlant, c’est juste parfait.

On ne regrette pas d’avoir un 4/4 car la piste est parfois bien roots, surtout au début. Est-ce une ruse des Navajos pour vendre les prestas en 4/4 ? Toujours est-il que l’après-midi se déroulant, les nuages s’accumulent, jusqu’à remplir le ciel entier. La lumière devient plus fade, le paysage perd en beauté, on est un peu verts… Et on commence à s’inquiéter pour le coucher de soleil.

Monument Valley

On avait prévu des salades composées et autres petits trucs sympas pour diner sur notre terrasse face aux buttes, face au coucher de soleil. On a tout eu, sauf le coucher de soleil ! On a même eu quelques gouttes de pluie. La nuit tombant, un orage sec a même éclaté. Je crois que ça m’a permis de faire une photo pas si courante, du coup !

Monument Valley

15ème jour : Monument Valley-Grand Canyon

Réveil à 6h15 pour le lever de soleil. Je n’ai pas eu le coucher, j’aurai le lever. Je l’ai bien, mais avec le soleil de face, les buttes en contre-jour, c’est sympa, mais pas magique. C’est vrai qu’on devient exigeant !

Mais je ne me laisse pas démonter, prends mon appareil, une bouteille d’eau et pars faire un tour, comme ça, sans plan ni but. Très vite, je tombe par hasard sur le chemin du trail et me dis « tiens je vais le suivre un peu ». Au final, je l’ai fait en entier et comme ça, à la fraiche, avec la lumière rasante du matin et le silence absolu des lieux (les premiers touristes que j’ai croisés, c’est dans les 300 derniers mètres du trail, vers 8h15…), c’est l’un des plus chouettes trails que j’ai fait.

Monument Valley

Avec le soleil, on a refait un coup de jeep sur la piste pour voir le John Ford point sous le soleil. Junior en a profité pour se faire offrir par ses parents un tomawak et une photo sur le cheval. Il est malin Junior.

Monument Valley

Midi, l’heure de quitter les lieux. En milieu d’après midi, on arrive au Grand Canyon South Rim, côté est, côté route pour voitures. On s’arrête aux points de vue, mais c’est presque la déception : il fait gris, les couleurs du canyon ne « sortent » pas bien, il y a pas mal de monde, et après Canyonlands, si beau, on a un peu l’impression d’une redite en plus vaste, moins appréhendable, presque trop grand.

Monument Valley

Peut-être qu’on en attendait tellement, aussi ? Toujours est-il qu’avec ce temps médiocre, on zappe le côté ouest, celui de la navette, qu’on avait pourtant prévu. On sait qu’on va prendre un temps fou pour faire la navette, et qu’on sera probablement déçus au final. Curieusement, le Grand Canyon a été l’une des déceptions du voyage…. Quand je regarde mes photos, je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi. Peut-être est-ce du au temps, à l’accumulation des joyaux (comme si on en était rassasié ?), je ne sais pas. Peut-être que Monument valley et Grand canyon étaient deux poids trop lourds pour la même journée.

Mais heureusement, il y avait demain.

16ème jour : Grand Canyon-Route 66-Seligman

On a réservé l’hélico pour 9h00. On se lève tôt pour y être à 8h15, et surprise, le ciel est un peu troué. Ca commence mieux que la veille. J’ai lu que les enfants avaient une place à l’avant quasi sûre, mais la dame me dit non non (je crois qu’elle me baratine…). Je demande donc 2 suppléments pour Junior et Madame (60 kg) pour l’avant, et moi avec mes 82 kg, je me résigne à aller à l’arrière.

Grand Canyon

Et paf, nouvelle bonne surprise, il y a 3 places à l’avant à côté du pilote, et elles sont pour nous !

Je n’avais jamais pris l’hélico. Eh ben c’est génial. Rien que l’hélico, c’est déjà génial. Et quand on arrive au-dessus du Grand Canyon avec la musique de Star Wars dans le casque, là, là, on y est, à ce Grand Canyon qu’on attendait…. Et sous le soleil monsieur !

Grand Canyon

On a pris le grand tour de 50 minutes, à nous trois avec les suppléments, on en a eu pour pas loin de 900€, mais franchement, ça vaut le coup. L’hélico est la meilleure manière de saisir les distances, de le voir en 3D ce canyon gigantesque. Encore un moment magique qui m’a mis les larmes aux yeux. Le Grand canyon mérite bien sa réputation.

Midi, on reprend la route, direction Williams et la route 66. Un nouveau mythe nous atend.

williams

Williams est une petite ville assez sympa, on y a bien mangé (au red raven), mais je m’attendais à plus sympa. Cette (petite) déception sera de mise pour l’ensemble de la route 66, dont la réputation me parait un peu surfaite.

On fait halte pour la nuit à Seligman (ville/village qui a inspiré Cars ?), au Deluxe Inn, motel roots ambiance film US. On mange un burger bien dégueu au Roadrunner, qui ferme à 19h00 !

williams

17ème jour : Seligman-Oatman-Barstow

Route 66 jusqu’à Oatman, petite ville à l’ambiance cow boys, avec des ânes qui déambulent dans la grand-rue. On y voit un petit gunfight sympathique. Puis interstate jusqu’à Barstow, ville sans âme mais avec le retour des magasins en veux-tu en voilà.

Oatman

D’ailleurs, on passe la fin de journée à l’outlet et on y fait comme à Vegas de superbes affaires.

18ème jour : Barstow-Calico-Exeter

Le matin, Calico Ghost Town. Bodie était dans son jus, une vraie ville de l’ouest, j’ai lu que Calico était plus parc d’attraction. C’est en partie vrai, mais c’est quand même fait avec goût et vraiment sans excès. Sans surprise, Junior a beaucoup aimé, et nous aussi d’ailleurs. Là, pour le coup, je m’attendais à moins bien.

Calico Ghost Town
Calico Ghost Town

Puis longue route jusqu’à Exeter, porte de Sequoia park, une petit ville tranquille.

19ème jour : Exeter-Sequoia-Pacific Grove

Départ pour Sequoia National Park, notre dernier parc. Un peu de nostalgie, déjà… Le paysage est moins dépaysant que Yosemite, il ressemble plus à ce qu’on connait. On s’arrête à un ou deux points de vue, mais sans grande motivation (on est blasé je vous dis… c’est fou quand même !).

Sequoia National Park

On s’arrête pour Sherman, et pour faire le Congress trail. Etrangement, je m’attendais à voir de plus gros arbres. Je le reconnais, ils sont géants, mais j’ignore pourquoi je les voyais encore plus grands. La balade est cependant très sympa.

On reprend la route et 2e stop pour Grant, où il y a un peu moins de monde. Encore une petite balade sympa.

Sequoia National Park

Après-midi, pas mal de miles pour rejoindre Monterey (Pacific Grove pour être précis). En chemin, on dine au Wendy’s de Sand City.

A noter que pendant quasi tout le trajet du jour, on a eu un bon 100°F (38°C), jusqu’au moment où on arrive à environ 5/10 km de la côte pacifique. Là, en quelques minutes, on perd 40°F !!! A Sand city, on a un 18°C ! En sortant de Wendy’s, on a l’impression que L’EXTERIEUR est climatisé !

En arrivant à Pacific Grove, on fait les 500m à pied qui nous séparent du Pacifique. Il y a du vent, il fait froid, mais on ne fait pas demi-tour. On touche l’océan avec la main. L’eau caille grave !

20ème jour : Pacific Grove

Au programme de ce matin, l’aquarium de Monterey, réputé comme l’un des plus beaux du monde. On part tranquille vers 9h, et après 500m, on arrive à un carrefour, feu rouge. Je m’arrête.

Quand soudain, une fiat cube noire, véritable voiture folle déboule par la droite. Le mec au volant joue à l’auto-tamponneuse, il défonce sa bagnole contre le trottoir, les voitures stationnées, les poteaux, en 3-4 secondes, il crève, arrache son aile avant… Une image me traverse : un taré, un drogué, un suicidaire, il va défoncer sa caisse et sortir une arme à la main pour canarder tout ce qui est là, on est aux US, tout le monde a une arme… J’enclenche la position R de la boite auto et je recule pour quitter les lieux (sans regarder le rétro) : boum j’emboutis la voiture derrière moi que je n’avais pas vu.

La fiat cube termine sa course folle dans une voiture stationnée.

Le chauffeur derrière moi vient me voir, je lui dis qu’on s’éloigne rapidement de là pour faire le constat.

On appelle la police (ce sont eux qui font les constats là-bas). Ma jeep n’a (presque) rien, mais sa voiture basse a l’avant enfoncé. Apparemment, le chauffeur fou n’est ni fou ni drogué, mais sa voiture ne répondait plus (c’est flippant, ça). Celui que j’ai accidenté ne m’en veut pas, il comprend ma réaction, tout se passe bien.

J’ai pris la responsabilité civile à 1 million $, et l’assurance tout risque sans franchise, donc normalement, je ne devrais rien payer. A suivre, pour le moment, pas de nouvelles des US.

Tout se termine vers 11h, on reprend notre vie normale. L’aquarium de Monterey est sympa, mais je doute qu’il soit l’un des plus beaux du monde. A part un poulpe géant qui en impose, et le coin magique des méduses, j’ai trouvé le lieu sympa, mais assez ordinaire. Bon, le bâtiment en lui-même est sympa, c’est une ancienne usine de sardines.

Après midi à Carmel, la ville de Cint Eastwood. Belle plage, trempette jusqu’aux genoux dans le Pacifique (pour plus, faut être un sacré warrior, l’eau est gelée !) On déambule dans le « golden rectangle », il y a de jolies maisons, mais je m’attendais à plus mignon, plus spécial. On rentre à Pacific Grove par la 17 miles, route payante. Jolie route, les cyprès donnent tout le cachet à cette côte, mais là encore, oui c’est joli, c’est sympa, mais après les beautés extraordinaires qui se sont enchainées, ce n’est pas «au niveau».

Pacific Grove

On dine au Fishwife de Pacific Grove, assez moyen.

Pacific Grove

21ème jour : Pacific Grove-San Francisco

On quitte Monterey en disant que c’était peut-être la seule «fausse note» de notre voyage. C’était bien, mais comparé au reste, cela ne faisait pas le poids. Si c’était à refaire, je troquerais Monterey contre Zion. Enfin, une «fausse note» en 22 nuits, c’est vraiment rien…

Départ pour San Francisco, notre dernière étape. On avait prévu de faire la partie Golden Gate l’après-midi, mais les nombreux nuages nous font changer nos plans. Direction Fisherman Wharf pour une belle balade (avec les bateaux, le musée mécanique, le pier 39, les cable cars…) L’endroit est très touristique, mais très sympa aussi. On rentre par Russian Hill et sa grosse montée/descente.

San Francisco
San Francisco

Comme il n’est pas encore très tard (vers les 18h30), on prend la voiture et cap sur le Golden gate. Notre hotel, le Chelsea est sur Lombard, bien placé.

San Francisco

On arrive juste pour le coucher de soleil, il y a un bon vent bien froid. On fait les deux points de vue, le second (à l’ouest du GGB) étant bien plus sympa.

San Francisco

22ème jour : San Francisco

Dernier jour… Le matin, on part à l’ouest découvrir les bureaux de Lucasfilm. On loge à 1 km de là, ce serait fou pour un vieux fan de star wars de ne pas aller y jeter un coup d’œil.

Lucasfilm

L’accueil est ouvert au public, et c’est marrant de se retrouver là. Se dire que notre bon vieux George a traîné un paquet de fois dans le coin, ainsi que ses potes Steven, Harrison etc.

Puis traversée de la ville jusqu’au Pier 33, pour embarquer pour la visite d’Alcatraz. J’ai bien fait de réserver deux mois à l’avance, une pancarte dit «prochains billets pour le 16 août» !

Alcatraz

On visite la prison avec un audioguide passionnant, c’est plein d’anecdotes, d’explications, certaines narrées par les vrais acteurs (gardiens, prisonniers). L’endroit est bien conservé, très photogénique, avec une sacrée atmosphère. Une visite inoubliable.

Alcatraz
Alcatraz
Alcatraz

On revient sur le continent, cap sur Downtown, qu’on traverse. Ce ne sont pas les plus grands gratte-ciels du pays, mais ils m’impressionnent tout de même. Avec le ciel bleu, l’ensemble donne vraiment bien.

Enfin, on termine par Chinatown. On a un peu tourné, mais pour l’ambiance, on repassera. C’est plus folklorique à Belleville ou dans le 13ème à Paris. On a tout de même trouvé un resto avec que des asiatiques à l’intérieur (toujours bon signe), et on s’en est mis plein la panse pour pas trop cher. Et c’était bon en plus.

Voilà, c’était la dernière soirée, l’heure de rentrer.

23ème jour : SAN FRANCISCO-PARIS

On se lève tôt, on part à 8h30 pour arriver très tôt à l’aéroport (le policier nous a dit de prévoir une bonne marge pour régler l’accident avec AVIS). On se perd un peu dans San Francisco, mais on arrive vers 10h à AVIS, et les formalités durent 10 minutes top chrono !

Résultat, 5h d’attente à l’aéroport…… Puis 11h de vol et… La France…

Epilogue

C’était fantastique. Sans avoir traversé tous les pays du monde, on a quand même pas mal voyagé et pour Madame et moi, c’est notre plus beau voyage. Les paysages sont si beaux, et il y en a tant, que c’est presque étonnant d’avoir une telle concentration de joyaux dans un si «petit» espace.

J’ai aimé les parcs, les paysages hors des parcs, les petites villes comme les grandes, les routes interminables, l’ambiance, la gentillesse des gens, payer en dollars, manger de bons burgers, l’Amérique, simplement. Ce pays, ce continent, ce mythe.

Je pense que je ne ferai jamais plus un si beau voyage. Je n’arrive pas à l’imaginer. C’était si beau, cela semble insurpassable. L’avenir me le dira.