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Sherman alexie le poète de la réserve

07-févri-2015 à 19:15:16 par El Coyotos

Sherman Alexie le poète de la réserve

Sherman Alexis

Un dieu joueur de blues, des destins brisés, mais du rêve: bienvenue dans le monde de la littérature amérindienne. Longtemps négligée aux Etats-Unis, de nombreux auteurs se sont imposés depuis les années soixante. Parmi eux, Sherman Alexie.

Sherman Alexie n'est pas un américain comme les autres. C'est avant tout un Indien, ou plutôt Native American, des peuples Spokane et Cœur d'Alène. Né en 1966 dans l'état de Washington sur la réserve indienne de Spokane, cet auteur se révèle très prometteur dès son plus jeune âge. Grâce à son excellence académique, il réussit à obtenir une bourse lui permettant d'accéder à l'Université.

Ce n'était pourtant pas gagné d'avance. Durant son enfance, il expérimente en effet les affres de la condition des Native Americans. La plupart d'entre eux, parqués au XIXème siècle sur des bouts de terres qui leur sont uniquement prêtés, souffrent de pauvreté. La famille d'Alexie est donc très pauvre et ne peut compter que sur sa mère pour subvenir à ses besoins. Difficile ainsi de sortir de la réserve et d'échapper à ses fléaux. Parmi ces derniers, l'alcoolisme fait des ravages et n'épargne pas Alexie. Son père alcoolique délaisse sa famille des jours entiers. Ce démon rattrape même le jeune homme durant ses études, écrasé par le devoir de réussir. Il sera sauvé par la découverte de la poésie et sa vocation d'écrivain.

Des œuvres atypiques

De cet univers contrarié, Sherman Alexie tire une personnalité flamboyante et une attitude irrévérencieuse. Sa production littéraire est à son image et ses œuvres toujours partiellement autobiographiques. Il a publié vingt-quatre ouvrages, dont Indian Blues, Dix petits indiens, et The Lone Ranger and Tonto Fistfight in Heaven. Il n'hésite pas à parler ouvertement des problèmes que rencontrent les Indiens. Pauvreté, violence, alcoolisme et désespoir constituent bien souvent le quotidien de ses personnages. Cependant, tous ces sujets sont traités avec esprit, ironie et un humour décapant. Ce style permet de dénoncer les injustices de façon frappante mais aussi de se distancer de l'histoire. Il éveille également respect et compassion chez le lecteur.

Indian Blues, son premier roman, suit Thomas Builds-The-Fire, un jeune homme à la fois conteur, marginal et musicien dans une épopée magique et empreinte de poésie. La musique fait plonger les lecteurs dans le monde triste des réserves indiennes et de ses petits bars. Puis elle les emmène à Seattle avant de les guider vers la Montagne. Comme dans tous ses livres, Sherman Alexie y pose trois questions fondamentales. «Qu'est-ce que cela signifie de vivre en tant qu'Indien à notre époque? Qu'est-ce que cela signifie d'être un Indien? Qu'est-ce que cela signifie de vivre dans une réserve indienne?» En quête perpétuelle d'une identité perdue à travers les âges de la colonisation, il évoque le dilemme de beaucoup d'Amérindiens

A l'écran aussi !

Sherman Alexie ne se cantonne pas à la littérature. Il s'est également essayé au cinéma. Scénariste mais aussi réalisateur, il investit ce nouveau genre avec fraîcheur et intelligence. Il a ainsi créé le premier film entièrement produit par des Indiens: Smoke Signals. Ce film indépendant reprend beaucoup de personnages de l'œuvre littéraire d'Alexie. Relevons Thomas Builds-The-Fire à nouveau en tant que conteur, joué par Evan Adams, et Victor Joseph, interprété par Adam Beach. L'histoire évoque le passage à l'âge adulte de Victor, dans un voyage initiatique. Bien entendu, les thèmes chers au cœur de l'auteur imprègnent le long métrage de mélancolie mais aussi de poésie inhérente à son style.

Par CÉLINE SIDLER du jouanl la Liberté

Que tes pas marchent dans la beautée. Proverbe Navajo
Le récit de mon premier voyage dans l'ouest américain: 21 jours Arizona et le Nouveau Mexique ainsi que le Colorado et l'Utah

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